FICHIER 1M3

FICHIER DES PROTESTANTS

suite à la révocation de l'édit de Nantes

Fichier réalisé par Philippe Florentin, Nicolas de La Reynie, les protestants et la révocation de l'édit de Nantes, CGHHML, d'Onte Ses, octobre 2011, pp 134-138 (http://www.cghhml.fr)



Fichier croisé 1M3


Source :


Un manuscrit de la Bibliothèque Nationale de France (FR 7.051) regroupe plusieurs documents originaux relatifs à la Religion Prétendue Réformée à Paris dans les premières années ayant suivies la révocation.


Ces documents, comme ceux d'autres volumes conservés sous les cotes voisines, semblent provenir des archives du Limousin, avec Nicolas de La Reynie, lieutenant général de police de Paris.


En remettant un semblant d'ordre dans ces documents qui sont reliés de manière dispersée, on observe un déroulé des faits qui révèle la ferme volonté d'éradiquer le protestantisme et la mise en place d'un système dédié à l'obtention rapide de ce résultat, ce qui rappelle des heures sombres de notre histoire qui semblent se répéter régulièrement.


Dès le 13 octobre 1685, les religionnaires sont dénoncés jusque dans le cadre de la plus proche famille.


Contenu :


Notre ami, Philippe Florentin, nous a autorisés à extraire les patronymes dont les professions correspondaient à notre étude. C'est une contribution modeste d'une centaine de noms. Mais notre but à " eclatdebois " est d'indiquer les pistes de recherches. En voici encore une qui s'ajoute à notre liste de fichiers croisés. Le chercheur pourra constater que les patronymes qu'il cherche se trouvent effectivement parfois dans d'autres sources.


Historique :


Nicolas de La Reynie : Les protestants et la révocation de l'Edit de Nantes


Philippe Florentin


Nous connaissons tous des bribes de l'histoire du protestantisme en France, avec les guerres de religion, opposant catholiques, protestants et ultra catholiques, la prise de Paris par Henri IV, protestant converti au catholicisme, et le fameux édit de Nantes d'avril 1598 qui en définitive assure la paix sociale en autorisant la libre pratique du protestantisme, préfigurant ainsi une forme de laïcité d'état qui fait encore débat aujourd'hui. Cette période, en Limousin, est marquée par le siège de Gimel. Suit une longue période de paix apparente pendant laquelle les jalousies se creusent entre des communautés qui se différencie progressivement jusqu'à ce que la guerre reprenne avec nos voisins européens, comme trop souvent, dès 1635.


Or les protestants ont pour la plupart des attaches familiales avec l'étranger, Angleterre, Allemagne et Pays Bas, ou des intérêts commerciaux, nombre d'entre eux pratiquant des activités de négoce.


Il est donc aisé de les désigner comme bouc émissaires des malheurs de la Nation, ce dont on ne se prive nullement, et de les surveiller. Ainsi, dès 1683, il semble bien que les temples ne soient plus le lieu où l'on doit enregistrer les naissances de ceux de la RPR. Il existait à Paris un " registre des baptesmes de Messieurs de la Religion Pretandue Réformée " dans lequel figurait celui d'un certain Etienne Le Maistre, fils d'un fabricant de tissus et rubans.


La trêve de 1684 met fin à la guerre, non à la fracture qui s'est creusée entre les communautés catholiques et protestantes. Par édit du mois d'octobre 1685 donné à Fontainebleau, Louis XIV ordonne la révocation de l'édit de son aïeul Henri IV Le Grand donné à Nantes au mois d'avril 1598.


Dans son préambule, il explique ses motivations en rappelant la guerre menée depuis 1635 avec les princes de l'Europe jusqu'à la trêve de 1684. Il évoque la conversion pendant cette période de la meilleure et de la plus grande partie de ses sujets de la RPR qui rend inutile l'édit de Nantes, prétendant " qu'il convient de la supprimer pour effacer la mémoire des troubles, de la confusion, des maux que le progrès de cette fausse religion ont causé dans le royaume ".


Les temples doivent être démolis, les assemblées sont interdites, l'exercice de la religion est proscrit sous peine de confiscation de corps et de biens, les ministres ont 15 jours après la publication de l'édit pour quitter le royaume et sont interdits de prêche sous peine de galère, ceux qui se convertissent y seront financièrement encouragés, les écoles sont interdites, les enfants doivent être baptisés, les religionnaires ayant quitté le royaume avant l'édit ont 4 mois après la publication de l'édit pour y rentrer et retrouver la possession et jouissance de leurs biens après quoi ceux-ci seront confisqués en conséquence d'une déclaration du mois d'août 1685.


Ceux qui quittent le royaume ou transportent leurs biens et effets hors du royaume sont passibles de galère pour les hommes, de confiscation de corps et de biens pour les femmes, le temps de se convertir, ceux de la RPR qui respecteront l'édit pourront continuer leur commerce et jouir de leurs biens sans pouvoir être troublé sous prétexte de leur religion.


Philippe Florentin


et " eclatdebois "



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