FICHIER 3B6

FICHIER DE LA MUTUELLE DE L’UNION COMPAGNONNIQUE

DES COMPAGNONS DU TOUR DE FRANCE DES DEVOIRS UNIS

Fichier réalisé à partir du premier registre de la Mutuelle de l’Union Compagnonnique
des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis



Fichier croisé 3B6


Source :


Premier registre de la Mutuelle de l’Union Compagnonnique numérisé par Pays Christian Delpiérié, Montauban l’Ami du
Travail ; Métiers d’art, numéro spécial, le Compagnonnage, juillet 1988 ; le compagnonnage, col. Que sais-je, Bernard de Castera, P.U.F., 2008.


Contenu :


Ce registre comprend 7577 adhérents de cette mutuelle laquelle est à l’origine de la création de l’Union Compagnonnique en 1889. Les inscriptions débutent avec ceux reçus vers 1860 et se terminent vers 1914. Tous les membres n’ont donc pas été reçus Compagnon à l’Union Compagnonnique, contrairement à la réalité d’aujourd’hui. La mutuelle regroupe environ 100 professions différentes, tout comme « eclatdebois ». Environ le quart concerne des activités que nous étudions. Nous en avons extrait 1313 Compagnons. Ce fichier concerne la France dans son intégralité. Il y a même des adhérents de l’étranger. Nous sommes partis du principe que l’exigence même de compagnonnage qui consiste à faire son Tour de France. Il y avait donc des possibilités que l’intéressé passe par Paris. Même si ce n’est pas forcément le cas, nous avons pris en compte le Compagnon, eu égard à l’intérêt sociologique. Sachant bien évidemment que certains Compagnons sont dits sédentaires, le paragraphe historique extrait de l’ouvrage de Bernard de Castera est on ne peut plus précis à ce sujet.


En effet, les autres sources que nous avons exploitées démontrent une implication de ceux-ci dans le monde associatif, syndical, politique, éventuellement franc-maçonnique.


Les premières inscriptions pour la Mutuelle ont eu lieu vers 1860. Ce qui laisse supposer que les adhérents sont nés environ vers 1840, puisque la réception au compagnonnage a lieu généralement vers 20 ans.


Mais pour certains, parmi les premiers adhérents et les professions que nous étudions, il est fait état de naissances à partir de 1815.


Nous en profitons pour remercier le conseil d’administration de la Mutuelle de l’Union Compagnonnique du Tour de France des Devoirs Unis, de nous autoriser à produire ces informations pour la connaissance des chercheurs et internautes.


Les informations s’interprètent de la manière suivante :



Historique :


Nous citons Bernard de Castera : « Avec le recul du temps, il est permis de dire que le compagnonnage a joué un rôle d’éducateur du monde ouvrier. Le jour venu, celui de la grande épreuve du monde ouvrier, c’est-à-dire au lendemain de la Révolution de 1789, en plein essor de l’industrialisation et dans la jungle créée par le libéralisme, alors que le monde ouvrier n’est plus seulement celui des hommes et des femmes et des enfants soumis à des conditions de travail inhumaines, les premiers réflexes de défense et d’organisation ne sont pas venus des intellectuels, mais bien des ouvriers eux-mêmes. Car depuis longtemps, les Compagnons avaient appris, mais dans des conditions heureusement moins tragiques, à se regrouper en mutualités, coopératives, caisses de prêt et de retraire, offices de placement et organismes de crédit. Ses Cayennes et ses relais sont les ancêtres des restaurants routiers et des auberges de jeunesse. Ce qu’il a pu réaliser par l’entremise d’une solidarité responsable et personnalisée par la présence de la Mère, la sécurité sociale a tenté de le faire à son tour, mais dans les proportions d’un gigantisme national qui rend bien difficiles la responsabilité personnelle et une saine gestion des dépenses. Et c’était déjà une bourse du travail qu’il réalisait, depuis le Moyen Âge, quand il distribuait le travail de ville en ville, de province en province, par l’intermédiaire de ses rôleurs.


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Or les Compagnons luttaient pour des objectifs concrets, sans les lier à la notion de classe ouvrière. Il n’y avait, dans leur lutte, aucune idéologie sous-jacente visant à la prise de pouvoir. Ils n’obéissaient pas aux mots d’ordre lancés par des intellectuels préoccupés d’une prise du pouvoir par l’habile manipulation des masses populaires. Et c’est pourquoi, bien que leur dynamisme leur ait permis d’être les initiateurs des mutualités sociales, ils n’ont pas pu rentrer dans le jeu politique des syndicats. La règle était que soit respectée la liberté d’opinion de chacun, mais que l’organisation compagnonnique en tant que telle ne devait pas jouer de rôle politique ( …). Entre les syndicats et les compagnonnages s’établit une querelle d’influence : les syndicats voulaient grouper des armées de travailleurs, d’abord pour améliorer leur sort matériel et, autant que possible, pour élargir et élever leur place dans la société, dans les cadres politiques de l’Etat. La magie de l’effet de masse jouait à plein contre la sélection et les épreuves exigées par les compagnonnages. Forts de leurs traditions, ceux-ci s’appliquaient d’abord à élever leurs membres des points de vue moral et social autant que du point de vue matériel, en maintenant leur autonomie dans toute la mesure du possible ».


Les auteurs du site, très impliqués par leurs origines dans le célèbre et mythique « faubourg Saint Antoine » ne pouvaient que rendre hommage à tous les artisans qui du plus humble au plus célèbre ont donné des preuves du savoir-faire français que le monde entier, encore aujourd’hui, nous envie.




eclatdebois


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