FICHIER 3i20

FICHIER DE LA CAISSE D'EPARGNE

Fichier réalisé à partir du journal général d'affiches/1376
déposé aux Archives Nationales



Fichier croisé 3i20


Sources :


Archives Nationales : Journal général d'affiches/1376 ; Google ; wikipédia


Contenu :


Ce fichier, à notre connaissance, présente des informations jusqu'alors, jamais exploitées. Il comporte à l'origine, quelques dix-mille noms de modestes épargnants. Artisans, gens de service, employés, soldats. " eclatdebois " en a extrait un millier, lesquels, de par leur profession, entrent dans le cadre de notre étude.


Géographiquement, la répartition de ces déposants est approximativement la suivante : les trois quarts sont originaires de province. Le quart restant, se répartissant entre Paris, la région parisienne, à savoir l'ancienne Seine ; la Seine et Oise, la Seine et Marne, et enfin l'étranger.


C'est en effet, l'époque de la grande migration de la province sur Paris et les villes en général. La mécanisation est en marche, l'industrie est avide de main d'œuvre, parfois exploitée dans des conditions inhumaines.


Historique :


Le fichier que nous vous proposons ici, émane de la Caisse d'Épargne de Paris et constitue une liste non exhaustive d'épargnants le plus souvent de situation modeste, voire très modeste, dont les dépôts non jamais été récupérés ; ni par eux, ni par leurs ayants-droit.


Si ce fichier ne dit rien du devenir de ces sommes épargnées à force d'efforts et de privations, il interroge.


Connu de tous comme moyen d'épargne populaire, le Livret A, tout d'abord nommé livret de caisse d'épargne puis livret de série A, fut créé en mai 1818 en même temps que la Caisse d'Epargne de Paris à l'initiative de Benjamin Delessert, qui fut industriel et banquier.


Delessert imagine un produit d'épargne simple et rassurant pour l'épargnant. Il s'agit d'associer le pays profond, et notamment la classe moyenne embryonnaire, au développement national. Cette noble idée passe par le biais de l'épargne.


Il faut dire qu'après la Révolution et l'Empire, la France de la Restauration aspire à se reconstruire dans une certaine stabilité, et notamment financière. Nul n'a oublié que c'est la dette publique qui a conduit à la Révolution et à la mort de Louis XVI.


Les motivations de Louis XVIII sont donc alors de solder la crise financière léguée par les guerres napoléoniennes.


Mais il semblerait aussi que la nouvelle institution financière eut pour motivation de donner à son projet une nature pédagogique et sociale.


- Pédagogique par l'éducation à l'épargne, et l'"alphabétisation" monétaire. Pour ce faire, les fondateurs des Caisses d'Epargne créent un instrument financier novateur, producteur d'intérêts, très simple d'utilisation, et qui ratisse large : ouvert à tous sans exclusive d'âge ni de sexe, il est accessible également aux enfants mineurs.


- Sociale : grâce à la nouvelle institution de nature "philanthropique" à laquelle ils viennent de donner naissance, les fondateurs souhaitent contrer les risques nés de l'essor de l'ère industrielle et notamment le paupérisme qu'il engendre.


Selon les fondateurs, l'épargne populaire apparaît comme une réponse à ce paupérisme, un outil de protection sociale dans un siècle où ni la Sécurité sociale, ni les retraites n'existent. Ils entendent offrir au plus grand nombre les moyens de bien utiliser leur argent et de s'émanciper de toute dépendance matérielle.


Aux yeux de ses administrateurs, la Caisse d'Epargne, instrument de lutte contre la pauvreté, est aussi un moyen de moralisation des " classes populaires ".


La belle œuvre…!



Cependant, d'après un rapport récent de la Cour des comptes, 4 milliards d'euros d'épargne placés sur des comptes bancaires ou des assurances-vie par des personnes aujourd'hui décédées ne sont pas réclamés par leurs héritiers.


La Cour des comptes a relevé 674 014 comptes en banque détenus par des centenaires alors que la France n'abrite que 20 106 citoyens âgés de plus de 100 ans.


Selon elle, les frais de gestion de ces comptes fantômes peuvent par ailleurs absorber à force, avec le temps, la totalité de l'épargne déposée.


" La situation actuelle des avoirs bancaires inactifs, puis en déshérence, ainsi que des contrats d'assurance-vie non réclamés soulève de réels enjeux de protection des épargnants", souligne Didier Migaud, Président de la Cour des comptes.


Selon lui, cette situation nuirait surtout aux personnes les plus modestes qui détiennent les plus petits dépôts bancaires ou contrats d'assurance-vie.


Serait-ce là le résultat de l'éducation à l'épargne, et de l'"alphabétisation" monétaire ?… ; sans parler de la " moralisation " des " classes populaires ".


L'Enfer est pavé de bonnes intentions !


Jean Yves Grousset et " eclatdebois "


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