FICHIER 6C34

FICHIER DES VICTIMES DU COUP D’ETAT DU 2 DECEMBRE 1851

ET STATISTIQUES POUR SERVIR A L’HISTOIRE DU 2 DECEMBRE 1851

CESSATION DES MESURES DE SURETE GENERALE DU 4 FEVRIER 1853

ET AFFAIRE DE LA RUE DE LA REINE BLANCHE

ET AFFAIRE DE L’HIPPODROME

ET DE L’OPERA COMIQUE

Bibliothèque nationale de France, Gallica / Google livres / L’association 1851/Wikipédia



Fichier croisé 6C34


Sources :


De nombreuses sources nous ont permis de constituer ce fichier qui regroupe trois affaires différentes. Eclatdebois en a fait la synthèse au bas de la page de titre. Mais nous sommes respectueux du travail des chercheurs et estimons indispensable d’indiquer toutes les sources consultées pour chacune de ces trois affaires : les voici :


1/ Victimes du Coup d’Etat



2/ Affaire de la Reine Blanche :



3/ Affaires de l’Hippodrome (7 juin 1853) et de l’Opéra Comique (5 juillet 1853),



Contenu :


Pour le fichier des victimes du Coup d’Etat du 2 décembre 1851 : 15 patronymes. Pour celui de l’affaire de la rue de la Reine Blanche, 7 patronymes. Enfin, pour celle de l’Hippodrome et de l’Opéra Comique, 2 patronymes. Estimant que chaque patronyme est une pierre qui s’ajoute à l’édifice, nous essayons de n’omettre et encore moins d’exclure une quelconque information.


Historique :


1/ Victimes du Coup d’Etat


Selon Monsieur Trébuchet, chef de bureau de la salubrité civile à la préfecture de police il y aurait eu officiellement 153 morts, selon ses listes, dont 15 concernant les professions recherchées. Selon le journal Le Moniteur, le nombre serait de 380 . Si l’on parle du total des morts militaires et civils victimes et exécutés résultant de ce Coup d’Etat et selon les historiens les plus sérieux, le chiffre serait d’environ 600. C’est beaucoup : c’est trop. Mais c’est peu en comparaison des 15.000 morts de la Première République, des 800 morts des « trois glorieuses » de la Deuxième République, et des 20.000 morts de la Commune !


Mais notre recherche doit se poursuivre car il nous faut retrouver les listes non officielles peut-être dans les registres de la morgue ( ?).


Le coup d'État du 2 décembre 1851 est effectué par Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République. Il arrive par ce moyen à dissoudre illégalement l’Assemblée nationale française, devenant seul maître de la France, et à rétablir le suffrage universel masculin, précédemment limité par l’Assemblée. Ces décisions et la prolongation de son mandat à 10 ans sont approuvées par plébiscite, tout comme l’établissement du Second Empire à compter du 2 décembre 1852, quand Louis-Napoléon Bonaparte devient ainsi « Napoléon III, Empereur des Français ». Ce coup de force met donc fin à la Deuxième République, qui a duré moins de 4 ans.


La résistance des républicains et démocrates face au Coup d'État est militairement écrasée. La répression bonapartiste fait plus d'un millier de morts, plus de 26.000 arrestations et emprisonnements, et des milliers de déportations.


Le 8 décembre 1851, en Bourse, la rente 5 % remonte à 96,50 contre 89,10 et le 3 % à 60 F contre 54,75. Et toute la cote est à l'avenant. Dans ses mémoires, le coulissier Feydeau note : « La plus belle hausse qui peut-être sera jamais. On n'avait littéralement pas le temps d'acheter aucune valeur, les cours ne montaient pas, ils bondissaient. La fortune publique de la France se trouva à peu près doublée en huit jours ». Dans les Caisses d'Épargne l'argent affluait : au cours des quelques jours qui suivirent le Coup d'État, les dépôts passèrent d'un déficit de deux millions à un excédent de quatre millions (de francs or !). La Banque de France baissa son taux d'escompte de 5 % à 3 % et avança vingt millions à la ville de Paris. Tous les financiers se rallièrent au Prince-Président, Rothschild, Mallet, Fould, Hottinguer… Ainsi le Coup d'État du 2 décembre 1851 fut le point de départ d'un essor économique prodigieux qui se prolongera pendant tout le Second Empire. Les Français semblent en avoir eu la prescience puisque les 20 et 21 décembre 1851, dernier épisode du Coup d'État, le plébiscite qu'avait promis Louis-Napoléon lui octroyait les pleins pouvoirs pour dix ans par 7.439.216 oui contre 640.000 non et 36.880 bulletins nuls.


On avait reproché à Louis-Napoléon d'avoir violé la Constitution : la décision populaire le délivrait ipso facto de son serment. Comme il le dira lui-même : « La France a compris que je n'étais sorti de la légalité que pour rentrer dans le droit ».


L'épilogue aura lieu un an exactement après le coup d'État. Le 1er décembre 1852, Louis-Napoléon Bonaparte, en présence du Sénat et du Corps Législatif, recevait à Saint-Cloud le titre d'Empereur des Français sous le nom de Napoléon III, après un référendum ayant donné 7.824.129 votes favorables contre 253.149 hostiles et 63.126 nuls. Le 2 Décembre 1852 l'Empire était proclamé.


2/ Affaire de la Reine Blanche


Le 30 juin 1852 dans une maison inhabitée de la rue de la Reine Blanche, quartier de la Mouffetard, 13 personnes, dont plusieurs femmes, sont arrêtées en flagrant délit de fabrication d’armes de guerre. On publie que ce sont, non pas des armes ordinaires, mais des machines infernales destinées à faire sauter et incendier les principaux quartiers de Paris. Durant le procès, la description de ces armes les rend moins spectaculaires, mais non moins meurtrières : ce sont des tuyaux de fonte employés pour les descentes des eaux pluviales dont on a bouché une extrémité avec du ciment romain ( ?) pour former la culasse et qu’on a entouré de toile pour éviter les effets d’un éventuel éclatement. Des essais au polygone de Vincennes ont donné des résultats étonnants pour des instruments si grossièrement faits. A l’exception de Viguier, ex-officier de marine et Favre, médecin, toutes les personnes arrêtées appartiennent à la clase ouvrière.



3/ Affaire de l’Hippodrome et de l’Opéra Comique


Les conjurés devaient attenter à la vie de Napoléon III, en se jetant sur la voiture impériale, privée d’escorte, au cri de « Vive l’Empereur » !, faire feu de tous côtés sur lui, traîner ensuite son cadavre dans Paris et proclamer la République Rouge, avec Blanqui pour dictateur. La tentative du 7 juin à l’Hippodrome et au Bois de Boulogne, échoue par « la disette d’armes et l’active surveillance de la police » ; celle du 5 juillet, alors que le couple impérial se rend à l’Opéra Comique, échoue également, mais par les arrestations opérées sur place et au dernier moment. Parmi les 27 inculpés du procès qui s’ouvre le 8 novembre 1853, on trouve des ouvriers, dont certains sont membres de sociétés secrètes, et des étudiants : c’est l’alliance « du bras qui soutient l’intelligence ».


eclatdebois


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